MIGRATIONS

Une Histoire Ancrée dans la Migration

L'Association Arménienne d'Aide Sociale est née de la migration

À la fin du 19ème siècle, les fondateurs de notre structure, survivants du Génocide Arménien, ont pris la décision d'établir une organisation pour aider les migrants qui, comme eux, cherchaient refuge et deuxième patrie. Au fil des années et plus d'un siècle d'existence, nous n'avons jamais cessé d'aider les populations de migrants. Cette mission, héritée de nos fondateurs, reste au cœur de notre engagement associatif.

Les Défis Contemporains

Depuis l'effondrement de l'Union soviétique en 1991, de nombreux Arméniens ont quitté l'Arménie nouvellement indépendante pour trouver refuge en Europe. À cette population se sont joints des personnes d'origine arménienne de toutes les républiques de l'ex-URSS.

Les demandeurs d'asile arméniens en France : une évolution contrastée (2022-2024)

Malgré la classification de l'Arménie comme "pays sûr" par les autorités françaises, les demandes d'asile de ressortissants arméniens connaissent des fluctuations significatives entre 2022 et 2024, révélant des réalités complexes.

Évolution des demandes d'asile arméniennes en France

Histogramme
Indicateur
Courbe

Une croissance des premières demandes suivie d'un déclin marqué

Selon les rapports de l'OFPRA, en 2022, la France a enregistré 2 108 premières demandes d'asile arméniennes, marquant une augmentation spectaculaire de 119,1% par rapport aux 962 premières demandes de l'année précédente. Cette explosion soudaine coïncide avec la guerre du Haut-Karabagh de 2020 et ses répercussions durables sur la population arménienne.

L'année 2023 prolonge cette tendance à la hausse avec 2 248 premières demandes, soit une progression supplémentaire de 6,6%. Cependant, 2024 marque un tournant avec une chute de 16,5%, ramenant les premières demandes à 1 876.

Un taux d'acceptation structurellement bas

Cette augmentation des demandes ne se traduit pas par une hausse proportionnelle des acceptations. Le taux global d'acceptation reste faible à 3,84% sur la période de trois ans, oscillant entre 4,12% en 2022, 5,17% en 2023 et 2,23% en 2024. Ces chiffres reflètent la position officielle de l'OFPRA considérant l'Arménie comme un pays d'origine sûr, malgré les tensions géopolitiques dans la région.

Le statut de protection subsidiaire demeure marginal, avec seulement 283 accords sur trois ans, soulignant la difficulté pour les demandeurs arméniens à faire reconnaître leurs besoins de protection internationale selon les critères français actuels.

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Demandes traitées
2022-2024
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Acceptations
2022-2024
0,00%
Taux global
2022-2024
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Âge moyen
2022-2024

Un profil démographique stable

L'analyse démographique révèle une constante stabilité dans le profil des demandeurs. La parité hommes-femmes est quasi parfaite, avec 47,3% en 2022, 48,9% en 2023 à 49,7% en 2024 de femmes. L'âge moyen reste constant autour de 41-43 ans, indiquant que les demandes émanent principalement d'adultes en âge de travailler, potentiellement accompagnés de familles.

Au total, sur cette période de trois ans 2022-2024, 6 232 demandes ont été traitées pour 283 acceptations, soit un taux global de 4,5%, illustrant la difficulté persistante des demandeurs arméniens à obtenir une protection internationale en France malgré les tensions géopolitiques régionales.

Des enjeux qui dépassent les chiffres

Cette constance démographique suggère que les motivations et les raisons de départ demeurent essentiellement économiques. Cette émigration continue, particulièrement préoccupante lorsqu'elle touche les jeunes diplômés et les professionnels qualifiés, constitue une véritable fuite des cerveaux qui prive l'Arménie de ses talents et freine son développement économique et social.

L'AAAS, fidèle à sa vocation, s'est imposée comme l'organisation de référence pour accueillir tous les Arméniens qui venaient en France en tant qu'étrangers ou demandeurs d'asile, cherchant de l'aide auprès de la Diaspora depuis l'effondrement soviétique. Cependant, sans interrompre notre assistance humanitaire, nous avons toujours encouragé le retour volontaire vers l'Arménie des demandeurs d'asile déboutés et des personnes en situation irrégulière en France.

Dans le cadre de ces efforts, entre 2005 et 2018, l'AAAS est devenue partenaire du programme de retour volontaire conduit par l'Office Français de l'Immigration et de l'Intégration (OFII). Nous avons mis en place un Centre de Retour Volontaire qui orientait les migrants souhaitant rentrer vers les directions territoriales de l'OFII, lesquelles organisaient matériellement leur retour. Durant cette même période, l'AAAS a également mené, en tant que partenaire de la société civile, des activités dans le cadre de divers projets européens avec de nombreuses agences nationales chargées de la gestion des flux migratoires, telles que le BAMF (Allemagne), FEDASIL (Belgique) et d'autres organismes.

Le retour volontaire vers l'Arménie

Sur le terrain, pour assurer la réintégration sociale et économique des migrants après leur retour, la coopération entre l'OFII Arménie et notre partenaire, la Fondation Arménienne pour le Développement Durable, a débuté en 2005 et se poursuit aujourd'hui. Cette coopération a permis d'organiser le retour volontaire de milliers d'Arméniens de France vers l'Arménie et la création de plusieurs centaines d'activités génératrices de revenus, dans le cadre du programme de retour volontaire de l'OFII.

Innovation et Éthique dans la Gestion Migratoire

L'introduction progressive des systèmes d'intelligence artificielle dans la gestion des flux migratoires ces dernières années a focalisé notre attention sur les aspects juridiques et éthiques de l'utilisation des systèmes d'IA dans ce secteur. Nous restons vigilants quant aux risques algorithmiques et œuvrons pour que ces technologies utilisées par les acteurs intervenant dans le domaine des migrations respectent la dignité humaine et les droits fondamentaux des personnes migrantes.

Notre appel aux migrants potentiels

Nous œuvrons pour que les migrants optent pour la voie de migration légale et informons, lors de nos rencontres avec les potentiels migrants, sur les risques graves de l'immigration illégale et ses dangers. Nous les sensibilisons également au fait que le taux d'acceptation des demandes d'asile arméniennes reste très bas, approximativement 4,5% depuis près de 25 ans.

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AVERTISSEMENT

Les chiffres présentés sur les demandeurs d'asile, hors mineurs, sont basés sur les rapports officiels de l'OFPRA pour l'Arménie. Les informations sur ces pages ne constituent ni un guide, ni un conseil juridique ou administratif pour votre demande d'asile. Pour toute question relative à une situation personnelle, consultez directement l'OFPRA ou un avocat spécialisé en droit d'asile.

Consulter les rapports officiels OFPRA