Du déplacement à l'orientation professionnelle : quand une femme recommence à voir son avenir
Du déplacement à l'orientation professionnelle : quand une femme recommence à voir son avenir
Article d'Arev Society | 9 septembre 2026
Cet article a été initialement publié en anglais par Arev Society, partenaire de la Fondation Arménienne pour le Développement Durable. La version originale est disponible sur le site d'Arev Society.

Diplômées du Programme pour l'autonomisation professionnelle, Arménie | Photo : avec l'aimable autorisation d'Arev Society, 2026 ©
Une carrière professionnelle peut disparaître bien plus vite qu'on ne l'imagine.
Parfois à cause de la guerre. Parfois parce qu'une famille doit quitter son foyer. Parfois parce que des années d'incertitude amènent une femme à ne plus croire que son expérience a encore de la valeur.
Pour de nombreuses femmes déplacées d'Artsakh (Haut-Karabakh), reconstruire leur vie en Arménie ne se résumait pas à trouver un nouveau logement. Il fallait tout recommencer.
Une nouvelle ville. Un nouveau marché du travail. De nouveaux employeurs. De nouvelles attentes.
Et, pour beaucoup, une identité professionnelle devenue floue.
Les femmes qui ont rejoint la formation d'autonomisation professionnelle n'avaient pas seulement besoin d'aide pour rédiger un CV. Beaucoup avaient déjà des années d'expérience, des responsabilités, des connaissances et des compétences.
Mais le déplacement avait interrompu leur carrière et leurs réseaux professionnels. Certaines ne connaissaient pas le marché du recrutement arménien. D'autres étaient restées éloignées de l'emploi formel pendant des années. La peur du refus et le doute sur leurs propres capacités rendaient le premier pas encore plus difficile.
« Je n'ai pas assez d'expérience. » « Aucun employeur ne m'embauchera. » « Je n'ai pas de compétences qui comptent. »Des pensées avec lesquelles certaines participantes sont arrivées
Ces phrases peuvent sembler simples. Mais derrière elles se cachent des années de projets interrompus, d'incertitude et de vie à reconstruire depuis le début.
La formation a donc été conçue autour d'une idée simple :
Avant d'aider quelqu'un à entrer sur le marché du travail, il faut parfois l'aider à revoir sa propre valeur.
Cette approche reflète un engagement plus large de notre travail d'autonomisation des femmes : dépasser l'aide à court terme pour aller vers les compétences, l'indépendance économique et des perspectives durables.
Redécouvrir des compétences qui étaient là depuis toujours
La formation associait trois volets : l'autonomisation personnelle, le développement de carrière et la mise en pratique.
Les participantes ont exploré leurs points forts, leurs valeurs et leurs compétences transférables. Elles ont appris à comprendre le marché du travail arménien, à repérer les opportunités, à préparer des documents professionnels, à utiliser LinkedIn, à communiquer avec les employeurs et à aborder les entretiens avec plus d'assurance.
L'une des découvertes les plus importantes a été qu'une femme n'a pas besoin d'avoir travaillé dans une grande entreprise pour que son expérience ait de la valeur.
Gérer un foyer demande de l'organisation. Élever des enfants exige sens des responsabilités, capacité d'adaptation et résolution de problèmes. Le bénévolat demande communication et esprit d'initiative. Traverser un déplacement exige une capacité extraordinaire à s'adapter à l'incertitude.
Le travail informel et les responsabilités au sein de la communauté peuvent développer des compétences recherchées par les employeurs, à condition de savoir les reconnaître et les mettre en valeur.
C'est devenu le cœur du travail : transformer des expériences qui ressemblaient autrefois à des trous dans le parcours en atouts que les employeurs reconnaissent comme professionnels.
Ce qui a changé pour les participantes
Quarante-huit femmes ont suivi la formation. Au départ, 69 % n'avaient pas de CV, 94 % n'étaient pas présentes sur LinkedIn, et la plupart cherchaient du travail seules depuis plus de six mois.
À la fin de la formation, les 48 participantes sont toutes reparties avec un CV professionnel prêt à être envoyé. Parmi celles qui ont répondu au questionnaire de fin de formation, 57 % avaient créé un profil LinkedIn actif, 86 % déclaraient avoir renforcé leur capacité à développer leur réseau, 71 % estimaient mieux savoir chercher un emploi et postuler, et 43 % se sentaient plus à l'aise pour négocier leur salaire et se fixer des objectifs.
À l'issue de la formation, la situation professionnelle des participantes était la suivante : 31 % avaient un emploi à temps plein, 25 % un emploi à temps partiel et 6 % travaillaient à leur compte, tandis que 6 % étaient étudiantes et 31 % sans emploi.
Au-delà des chiffres
Les chiffres ne racontent qu'une partie de l'histoire.
Une participante s'est servie de la formation pour commencer à tracer le chemin vers son objectif à long terme : ouvrir sa propre école privée.
Une autre a appliqué un « principe d'élimination » pour explorer différentes voies professionnelles, réduisant peu à peu ses options jusqu'à trouver le secteur dans lequel elle voulait s'engager.
Pour une autre encore, les connaissances et les outils pratiques acquis l'ont aidée à aborder sa carrière avec davantage de sens et à avancer avec plus d'assurance vers ses objectifs.
Pour d'autres, le changement a commencé à un niveau encore plus profond : prendre confiance en soi, développer sa résilience et apprendre à ne pas abandonner face aux difficultés.
Quand ce qu'une femme a appris atteint une salle de classe
L'une des histoires les plus marquantes s'est déroulée après la formation elle-même.
L'une de nos participantes a ensuite commencé à enseigner dans un établissement d'enseignement supérieur. Elle a partagé avec ses étudiants ce qu'elle avait appris pendant la formation. Puis ses étudiants sont revenus vers elle. Certains lui ont dit que ce qu'elle leur avait transmis les avait aidés à trouver un emploi. Une étudiante a même créé sa propre entreprise.
Soudain, ce qu'une femme avait appris ne s'arrêtait plus à elle seule.
Cela est passé d'une participante à une salle de classe. D'une salle de classe à des étudiants. Des étudiants à des emplois et à l'entrepreneuriat.
Voilà à quoi peut ressembler une autonomisation durable.
La leçon la plus importante de ce programme est la suivante :
Une femme peut perdre son foyer, son réseau, son poste ou des années de carrière. Mais avec le bon soutien, elle n'a pas à perdre la conscience de ce qu'elle peut devenir.
Note : cet article présente les premiers résultats à mi-parcours de la formation d'autonomisation professionnelle, volet du projet d'autonomisation économique et professionnelle des femmes, soutenu par le gouvernement australien dans le cadre du Direct Aid Program (DAP) et mis en œuvre par la Fondation Arménienne pour le Développement Durable. La formation vise à former au moins 100 femmes, réparties en quatre promotions, et propose aux participantes jusqu'à trois mois d'accompagnement professionnel et d'aide au placement après la formation. Arev Society assure le soutien à la gestion de l'ensemble du programme d'autonomisation des femmes et pilote ses actions de communication et de visibilité, contribuant ainsi à élargir sa portée.
Avertissement
Cet article est publié par Arev Society à des fins d'information et de sensibilisation uniquement. Les opinions et interprétations exprimées n'engagent qu'Arev Society et ne reflètent pas nécessairement les positions officielles du Direct Aid Program (DAP), qui n'a ni relu ni approuvé cet article. Les chiffres présentés proviennent des questionnaires internes remplis par les participantes et étaient exacts, à notre connaissance, au moment de la publication. S'agissant de résultats à mi-parcours, ils pourront être mis à jour au fil du programme. Arev Society décline toute responsabilité en cas d'erreurs, d'omissions ou de décisions prises sur la base de ce contenu. Les témoignages des participantes sont partagés avec leur accord, et leurs noms ne sont pas mentionnés afin de protéger leur vie privée.